vendredi 30 octobre 2020

 

Nous avons lu…

 

Repères (II) pour résister à l’idéologie dominante

Tous les militants, tous ceux qui prennent parti pour le combat social devraient lire cet essai de « sociologie, sport de combat » (Bourdieu). Comprendre les rapports sociaux et sociétaux n’est pas excuser, comme l’a prétendu Valls : l’itinéraire de nombre de djihadistes passant de l’échec scolaire à la délinquance, pour se trouver une identité illuminée, est à prendre au sérieux, tout comme les raisons du vote FN d’une fraction des classes populaires ou l’abstention massive d’une autre partie, doit être portée à la compréhension. L’auteur démontre comment la propagande sur les « talents », les « dons » légitime la classe sociale dominante, comment le champ politique est devenu illisible au travers des catégories, gauche, droite… Pourquoi est brandie la notion « galvaudée » de populisme ? Ces analyses des discours dominants, comme celui opposant les beaufs aux bobos, justifient l’abandon de la réalité de la lutte des classes, masquant la fonction du « gouvernement moderne (celle) d’un comité qui gère les affaires communes de la bourgeoisie » (K. Marx). Ce rappel conduit à s’interroger : que signifie la répartition des propos sur l’assistanat dans un monde marqué par le chômage et la précarité ? La moralisation du quotidien par des gestes individuels pour protéger la planète ? Et bien d’autres interrogations sur « l’Europe qui protège » ( !), sur l’appel à « une autre Europe » après « l’expérience » grecque… GD

Gérard Mauger, ed. du Croquant, 2018, 18€