Rouges de colère car les classes populaires ne doivent pas payer la crise du capitalisme.



Verts de rage contre le productivisme qui détruit l’Homme et la planète.



Noirs d’espoir pour une société de justice sociale et d’égalité


mardi 4 avril 2017

Voici, ci-dessous,
 l'édito du PES n° 32 
ainsi que deux articles publiés dans ce numéro.

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 De crises en crises… Jusqu’à quand ?

Succession d’états de crises… d’abord, celle de 2007-2008, financière puis économique et sociale. Elle n’en finit pas de se dédoubler en crises des dettes publiques et privées, en remèdes pour les purger par l’austérité et la précarisation, aggravant encore un corps malade que sont les sociétés nationales provoquant là-bas, de l’urticaire nauséabond, ici, des convulsions déchirantes. 

Là-bas, le trumpisme aberrant qui signe la fragilisation de l’hégémonie états-unienne sur le monde où les 1% ne parviennent à maintenir leur domination qu’en recourant à la xénophobie d’Etat, à l’illusion d’un retour au mythe du rêve américain sur fond de cauchemar des délocalisations. Ici, l’Europe qui fête la déconfiture de son 60ème anniversaire : Grexit évité à coups d’effondrement de 20% du revenu moyen des Grecs, d’un taux de chômage à 25%, d’une récession du PIB de 20%. Désastre avéré présenté comme une stabilisation. Brexit conjuguant les effets d’une paupérisation avec une poussée xénophobe instrumentalisée. Résultat : le Royaume-(dés)Uni où l’Irlande du nord comme l’Ecosse souhaitent se désamarrer de l’Angleterre, alors que la 1ère Ministre May prétend reconstruire l’Empire.. Et l’Italie, le Portugal dans le marasme, l’Espagne indignée bloquée dans son élan, empêtrée de sa Catalogne en rupture de ban.

Les politiques de concurrence effrénée, du moins-disant social et fiscal ont fait germer en Europe ce processus mortifère de la crise des nations, celui de la montée des micro-nationalismes xénophobes. Sur fond de misère et de guerre au Moyen et Proche-Orient et en Afrique, la crise migratoire a redoublé, la purulence des rejets des exilés va jusqu’à produire des murs et des camps d’enfermement dits de rétention.

Sociétés au bord de la crise de nerfs qui, confusément, sentent qu’on les entraîne dans une impasse. Agaçant, crispant, en France, d’entendre les représentants des partis dominants dire que les perdants de la mondialisation vivent au-dessus de leurs moyens, alors qu’eux accumulent les privilèges, voire se conduisent en « pilleurs d’Etat ». Scandales à répétition et donc crise de ce régime affairiste dit représentatif. Les outrages, les offenses à la dignité, les exactions policières se succèdent et l’arrogance à outrance de la caste politicienne perdure. Consternations : crises de l’emploi, du logement, déserts médicaux, retrait des droits des salariés, et promesses de Fillon/Macron d’austérité renforcée… pour notre bien, bien sûr.

A force de nous endoctriner à la servitude involontaire en agitant les peurs irrationnelles, les gouvernants, ou ceux qui aspirent à les remplacer en recourant à l’isoloir, provoquent déjà le rire sardonique ou le dégoût. Le seuil du tolérable est-il atteint ? A voir ! Ce qui est sûr c’est que l’histoire, cette énigme, évolue par là où on l’attend le moins. A preuve, la Guyane. Lorsque se produisent les éruptions sociales, les politiciens sont pris de court. Ils perdent leur emprise sur leurs sujets. Reste pour eux à agiter la peur du saut dans l’inconnu, à le brandir comme une frayeur à éviter afin de barrer la voie à la transformation sociale radicale. Il n’en demeure pas moins que toutes ces crises tracent le chemin de nouveaux arrangements institutionnels dans cet entre-deux qui se dessine, celui de l’ingouvernabilité à venir.

Pour le meilleur, pour éviter le pire d’un vote devenu presque inutile, l’heure est à la sédition passionnée pour, au moins, la mise au rencart des partis dominants : LR, PS, parti de la macronite. Quant au FN, sa marginalisation ne peut être que l’oeuvre du mouvement social qui révèlera sa nature antipopulaire et fascisante.

le 3 avril 2017