Rouges de colère car les classes populaires ne doivent pas payer la crise du capitalisme.



Verts de rage contre le productivisme qui détruit l’Homme et la planète.



Noirs d’espoir pour une société de justice sociale et d’égalité


vendredi 3 novembre 2023

 Nous avons vu et entendu


Israël. Ukraine. Le monde change radicalement

avec Gérard Chaliand  invité sur Elucid

 www.elucid.media émission du 21.10.2023 (1h25’)

 

Est-ce que l’Occident domine encore le monde ? Non répond Gérard Chaliand. Le monopole de la violence et de la puissance des pays occidentaux, comme c’était il y a une cinquantaine d’années, c’est fini à jamais. Aujourd’hui, en termes de puissance, nous pesons très peu. Du point de vue militaire, nous vivons à l’ombre des USA. Le « deux poids deux mesures » fait que nos valeurs sont à géométrie variable. Ainsi, on nous a transformé l’Ukraine en quelque chose de blanc alors que ça reste un Etat corrompu. On a transformé la Russie en principe du mal absolu. Ce n’est pas sérieux. Pour les Arméniens, on a dit « c’est inadmissible » ce qui veut dire dans la pratique « je m’en fous ». Nombre d’Etats ne condamnent pas le Hamas car les gens se rendent compte que les causes de l’action de Hamas c’est la condition qui est faite aux Palestiniens par les Israéliens.

Gérard Chaliand, un des grands spécialistes des conflits armés. Homme de terrain, observateur,  Il a sillonné pendant plus de 50 ans plus de 140 pays, et notamment dans une trentaine de guérillas en Asie, en Afrique, en Amérique latine.

 

Guerre au Proche-Orient

sur médiapart. A l’air libre le 19.10.2023 (52’)

 

Pour y voir plus clair, Médiapart a invité 5 intervenants, dont Jean-Paul Chagnollaud qui constate que la question palestinienne revient au centre de la scène internationale dans les pires conditions. Qu’il y ait une confrontation entre Hamas et Israël était inéluctable du fait de l’enfermement des Palestiniens par une puissance occupante. Nous sommes dans une situation de très grande ampleur qui va changer la donne, de manière négative, je le crains, exprime-t-il. On a tout fait pour oublier la Palestine en faisant en sorte qu’il y ait une normalisation accélérée.

Jean-Paul Chagnollaud est directeur de l’IReMMO (Institut de Recherches et d’Etudes Méditerranée/Moyen-Orient)

 

L’antisionisme. Une affaire juive

sur Lib Tropiques, le 21.10.2023 (1h48’)

Michèle Sibony, Béatrice Orès, Sonia Fayman

 porte-parole de l’UJFP – Union Française Juive pour la Paix

Elles présentent leur livre « L’antisionisme. Une affaire juive », dans lequel elles publient  nombre de textes couvrant la période 1885-2019 et font entendre la diversité des voix éminentes qui se sont élevées contre le sionisme (religieuses ou révolutionnaires, libérales ou humanistes) et des espaces où se déploie la pensée antisioniste juive. Le signe d’égalité placé entre les termes « antisionisme » et « antisémitisme » constitue un véritable déni d’histoire, une forme de révisionnisme qui veut effacer toute trace de la longue tradition juive, religieuse ou séculière, d’opposition à l’idée d’Etat-nation juif.

 

Nous avons lu

 

La marche sur Rome et autres lieux

 

L’auteur, républicain, démocrate, antifasciste, est le témoin précieux de la montée du fascisme en Italie. Député de 1921 à 1934, il décrit dans ce livre-journal la marche vers le pouvoir de Mussolini et des fascistes. S’il démontre, en s’appuyant sur la chronologie des faits, les violences quotidiennes, les manipulations, les intimidations qui marquent cette progression, il souligne également que les prétendus démocrates font preuve d’une lâcheté étonnante qui permet la victoire du fascisme. Cet opposant, emprisonné, parvient à s’échapper de façon spectaculaire et trouve refuge en France en 1933. Avec la montée de l’extrême droite dans l’ensemble de l’Europe, cette chronique nous rappelle que tout est possible lorsqu’un mouvement déterminé d’extrême droite s’appuie sur les forces du capitalisme le plus réactionnaire et les politiques qui, comme le roi Emmanuel III, permettent l’installation de ce pouvoir réactionnaire. GD.

Emilio Lussu, ed du félin, 2023, 11.90€

 

Septembre rouge.

Le coup d’Etat du 11 septembre 1973 au Chili

 

Ni livre d’histoire, ni essai théorique, ce récit politique restitue, au jour le jour, la conspiration, le rôle des Etats-Unis de Nixon, le coup d’Etat et les combats à la Moneda, la résistance dans les cordons industriels et la liquidation de cette expérience démocratique inoubliable. Dès la prise de pouvoir par la junte militaire, les partis de gauche sont mis hors la loi, la liberté de presse supprimée, le droit de grève suspendu. Une répression brutale sans précédent arrête 130 000 personnes, en torture 38 000, en tue 3 200 tuées et fait des centaines de milliers d’exilés. Il s’agissait d’une opération de « nettoyage » pour en finir avec les « marxistes » qu’ils soient miristes, socialistes, communistes ou chrétiens de gauche. Même les militants de la gauche révolutionnaire ne s’attendaient pas à tant de haine et de violence. Les auteurs font revivre les acteurs et actrices de la gauche chilienne de l’époque, pour rendre hommage à tous ces militants qui ont affronté le coup d’Etat militaire sanglant de Pinochet et de ses troupes. La révolution chilienne et sa « liquidation » ont encore des choses à nous apprendre. Il y a encore à dire sur ce coup d’Etat qui a marqué l’avènement du « capitalisme du désastre » (Naomi Klein dans « la stratégie du choc »). Un petit livre rouge de l’histoire qui incite à en lire d’autres. OM

Olivier Besancenot et Michael Löwy, ed. Textuel, 2023, 18.90€

 

Ils, elles luttent

 Pas de papiers, pas de JO !


Du 17 au 23 octobre, un mouvement de grève, soutenu par CGT et CNT, a permis la régularisation de plus de 800 travailleurs sans-papiers. 650 travailleurs sans-papiers de 33 entreprises en Ile-de-France se sont regroupés et le 18, une centaine a occupé le  chantier d’Arena symbole des JO. Deux heures plus tard, 33 piquets de grève ont été installés partout en Ile-de-France. Effet immédiat. Les représentants de Bouygues, donneur d’ordre d’Arena et de la mairie de Paris, ont rappliqué pour négocier. Et 27 entreprises, en 24 heures, cédaient une par une. Elles acceptaient de délivrer les « Cerfa » aux travailleurs grévistes (cela les autorise à déposer une demande de régularisation par le travail selon certains critères selon la circulaire Valls). Ce n’est pas la panacée, l’autorisation de séjour relevant du pouvoir discrétionnaire du préfet, mais c’est une étape dans leur reconnaissance. Les patrons trainent les pieds pour donner les documents obligatoires pour la procédure, plus intéressés à les maintenir flexibles à merci. Intérim et sous-traitance en cascade, c’est le « rêve » pour les patrons ! Chaque année, environ 7 000 admissions au titre de la circulaire Valls sont effectives. Certes, c’est comme vouloir vider un océan de précarité et de discrimination à la petite cuillère. Mais ce sont des milliers de sans-papiers qui refusent d’être traités « comme des animaux » ; ils créent des Collectifs de lutte, comme les Gilets noirs qui militent pour la régularisation de tous les sans-papiers. Plus l’action est massive, plus les entreprises sont désignées publiquement, plus nombreuses et rapides sont les régularisations. Ce sont de maigres avancées mais, ça permet à Moussa et aux autres d’être  fiers d’avoir osé ! Le combat n’est pas fini et la loi immigration, en cours d’examen au Parlement, risque de retirer l’article (pourtant bien timide) prévoyant la régularisation par le travail dans des métiers en tension. C’est déjà trop pour la droite et l’extrême droite. C’est dérisoire pour les  défenseurs des travailleurs sans-papiers et exploités. (cnt-so.org), (cgt.fr)