Rouges de colère car les classes populaires ne doivent pas payer la crise du capitalisme.



Verts de rage contre le productivisme qui détruit l’Homme et la planète.



Noirs d’espoir pour une société de justice sociale et d’égalité


lundi 1 avril 2019

NOUS avons LU    :     En finir avec l’Europe

Qu’est-ce que l’Union Européenne ? Les co-auteurs de ce livre nous renvoient aux années 1950, quand, sous la pression des Etats-Unis, l’idée de l’Europe est née, comme un nouveau type d’empire sans conquêtes territoriales, faisant émerger des rivaux industriels pour développer le libre-échange. Il s’agit à cette époque d’étouffer le socialisme en Europe, de se protéger de la souveraineté populaire en mettant en place des institutions limitant la démocratie. Avant même le tournant global du néolibéralisme entamé dans les années 1970, la libre concurrence est un principe fondateur du projet européen. Cette conception ne fera que se renforcer, le traité de Maastricht (1992) créant l’euro comme monnaie unique en constituera une avancée majeure. Les socialistes au pouvoir en France choisissent de rester dans le système monétaire européen, donnant priorité à la lutte contre l’inflation, par la rigueur budgétaire et la hausse du chômage. Delors l’affirmera : « la flexibilité salariale et la mobilité du travail sont nécessaires pour éliminer les différences de compétitivité entre les pays et régions de la communauté ». La crise de 2007-2008 a démontré le régime politique autoritaire de l’UE, disposée à suspendre les procédures démocratiques et à remplacer des gouvernements élus par des technocrates en donnant une place prépondérante à la BCE ou en annulant des référendums. Cette réflexion sur les fondements de l’Europe explique que « sortir de l’UE » est une rupture avec le néolibéralisme,  avec l’euro, c’est-à-dire de lutter contre l’UE telle qu’elle est. 

Cinq co-auteurs sous la direction de Cédric Durand, La fabrique, 2013, 15€