Rouges de colère car les classes populaires ne doivent pas payer la crise du capitalisme.



Verts de rage contre le productivisme qui détruit l’Homme et la planète.



Noirs d’espoir pour une société de justice sociale et d’égalité


lundi 1 avril 2019


La sécurité érigée en politique !

Quand les mesures sécuritaires tiennent lieu de politique, c’est que ceux qui en décident sont affaiblis, c’est que la démocratie est menacée. Macron fait ce choix, empêtré dans la politique européenne d’immigration totalement désarticulée, où chaque pays décide, seul, dans un espace de Schengen qui, de fait, n’est plus. Englué qu’il est, par ailleurs, dans le « grand débat » initié pour sortir la tête haute – ce qui n’a illusionné personne – face au mouvement de résistance des Gilets Jaunes, qui ne faiblit pas, ou si peu, depuis 4 mois. Nous ne reviendrons pas sur le mouvement des Gilets Jaunes, évoqué dans les précédents numéros. Par contre, nous tentons d’illustrer la politique sécuritaire mise en œuvre en France et en Europe, celle qui organise des contraintes à la liberté d’aller et de venir et promeut des lois liberticides contre le droit de manifester.

1 – La sécurité comme politique d’immigration

Elle commence par les contrôles aux frontières…
A quelques semaines des élections européennes, Macron, qui fanfaronnait avec son idée de « renaissance européenne » auprès des autres Etats membres, a dû en rabattre : les 28 n’ont toujours pas réussi à s’accorder sur le « paquet asile » en discussion depuis 2013. La discorde porte sur la procédure d’asile et le règlement  Dublin (qui contraint le migrant à déposer sa demande d’asile dans le pays par lequel il est entré en UE). Les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) refusent une réforme leur imposant l’accueil des réfugiés dans le cadre d’une répartition entre pays. Les pays d’entrée (Malte, Italie, Grèce, Espagne) continuent à laisser passer les migrants qui ne veulent pas rester chez eux. Les pays de destination finale, comme la France, veulent instituer des mécanismes de relocalisation et renforcer Dublin. Macron veut « remettre à plat l’espace Schengen » - zone de libre circulation au sein de laquelle les contrôles frontaliers sont abolis, tout en sachant que changer Schengen ne peut se faire qu’à l’unanimité. En attendant… peu importe la règle… France depuis 2015, Allemagne, Autriche, Danemark, Suède, Norvège dérogent à Schengen et ont rétabli des contrôles à leurs frontières… situation qui se prolonge illégalement… Macron pense à créer un « conseil de la sécurité intérieure » restreint qui permettrait de s’affranchir de la règle de l’unanimité, quitte à concéder des dérogations aux pays de Visegrad sous la forme d’une solidarité obligatoire, financière ; les pays d’entrée, quant à eux, envisageraient des centres fermés dans lesquels seraient enfermés les débarqués de Méditerranée, faisant le tri entre les migrants « économiques », renvoyés, et les réfugiés, répartis entre Etats volontaires. En quelque sorte, la politique de l’immigration ne serait qu’une affaire de tri ! On n’est pas prêt, dès lors, de sortir des « politiques actuelles (qui) ont érigé la mort à la frontière comme un spectre planant sur chaque migrant tentant d’entrer en Europe » (1). Il s’agit surtout de rassurer un électorat anti-migrant et de mettre en œuvre la trouvaille de Macron, « l’homme à la pensée complexe ! » : « la frontière, c’est la liberté en sécurité » !!!

La réponse à cette macronerie s’illustre dans l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex, dont la mission est d’aider les Etats de l’UE à « sécuriser » leurs frontières extérieures et à contrôler l’immigration illégale, dit plus clairement, à empêcher les exilés  d’atteindre l’Union.  Frontex est symbole d’une Europe qui bafoue les droits des migrants, comme l’affirme Migreurop (3) : « Les garde-côtes de l’Europe travaillent dans un océan d’impunité »? En effet, qui contrôle Frontex quand elle négocie des accords de coopération avec 18 Etats non membres de l’UE dont la Turquie, la Biélorussie ou le Nigeria ? Ou quand elle signe des protocoles d’entente avec le Sénégal et la Mauritanie pour contrôler l’immigration en partance d’Afrique de l’ouest ? Qui la contrôle en mer Egée, quand elle coopère avec l’Otan dans le cadre d’opérations militaires censées lutter contre les réseaux de passeurs et autres trafiquants ? Qui contrôle l’opération Themis en Méditerranée centrale relative aux flux migratoires en provenance d’Algérie, Tunisie, Libye, Egypte et Albanie ? Qui est responsable des violences exercées sur des migrants ? Qui s’attache à veiller au respect du droit international quand Frontex prête un bateau à l’Italie pour refouler une embarcation grâce à des officiers qui sont pour certains employés par Frontex, pour d’autres détachés par la Hongrie et la France ? Qui peut se plaindre des actes de Frontex ? Les migrants fuyant des misères en cascade  prenant le temps de remplir 15 pages pour dénoncer un acte de maltraitance subi ? Les députés européens ? Eux qui votent les propositions de la Commission sans bien savoir ce qu’elles recouvrent ? Frontex est la vitrine peu reluisante de la politique migratoire européenne, avec l’assentiment du Conseil des ministres, c’est-à-dire des Etats composant l’UE. Elle fait du renseignement en gérant un certain nombre de fichiers avec les systèmes de surveillance Eurosur, Europol et Etias. Les accords conclus par Frontex avec des Etats non européens ne font l’objet d’aucun contrôle a priori par le Parlement.  Son budget annuel marque la volonté européenne de son développement : il est passé de 97 millions en 2014 à 320 millions en 2018 et il est fixé à 1.5 milliard/an pour la période 2021-2027. Les multinationales convoitent les marchés de protection des frontières européennes : sur 39 projets, Thales et ses filiales participent à 18, le géant italien de l’armement Finmeccanica à 16 et les entités du groupe Airbus à 10.


… Elle se poursuit par la militarisation des frontières.
La France a verrouillé ses accès par Menton, Briançon, Ouistreham, Calais, Hendaye. Au Pays basque, les réseaux solidaires viennent en aide à ceux qui n’ont pas conscience de la violence de cette frontière. A peine les migrants ont-ils enjambé le pont pour passer la Bidassoa qui les conduit à la gare d’Hendaye que là, ils tombent sur le poste de la PAF qui les renvoie aussitôt. Au péage de Biriatou, tous les bus même scolaires sont fouillés.
Dans les Alpes, les contrôles sont ciblés au faciès. Après interpellations suivent des procédures expéditives, avec refus systématique d’entrée et renvoi vers l’Italie, alors que la situation de chaque migrant devrait faire l’objet d’un examen individuel approfondi. La frontière franco-italienne est quadrillée par la police qui traque les étrangers dans les trains, les bus et sur les chemins de randonnée.
Pourquoi sont-ils si nombreux à vouloir emprunter des chemins impossibles ? Parce que depuis la fin des années 1990, il y a renforcement constant de la logique répressive et sécuritaire des politiques migratoires : entraves sur l‘attribution de visa, externalisation du contrôle des frontières européennes à des pays tiers, etc. Ainsi, de moins en moins de personnes peuvent emprunter des voies dites « régulières » pour rejoindre l’Europe. Même un certain nombre d’agents de la police aux frontières, sans oser l’affirmer officiellement,  avouent que leur mission est insupportable. L’un d’entre eux témoigne (3) : « Depuis le rétablissement des contrôles aux frontières, à la suite des attentats de novembre 2015, notre unité se retrouve côté italien près de Modane, (en application) du système de Bureau à Contrôles Nationaux Juxtaposés (BCNJ) qui pratique systématiquement la non-admission. Avant, quand on contrôlait côté français, on engageait une procédure de retenue. Maintenant, ça prend moins de 10 secondes. C’est très efficace. On remplit un formulaire en trois volets, puis on remet le migrant illégal à la police italienne ».  Mais avec l’arrivée du ministre italien Salvini, c’est pire : « depuis juillet, nous refusons l’entrée en France à 700/800 migrants par mois (30% de plus qu’avant) Les policiers italiens, débordés, refusent de venir récupérer les migrants la nuit. Nous restons avec eux dans nos locaux et nous ne contrôlons plus la frontière. Les locaux sont inadaptés, 10 voire 15 dorment par terre. Cette situation se produit tous les soirs ».
Dans le Calaisis, la frontière avance toujours plus. Depuis les accords du Touquet (2003), le Royaume Uni délègue à la France la « bonne » application de sa politique migratoire.  Fin 2016, un mur « anti-intrusion » a poussé le long de la rocade près du port. 4 mètres de haut sur un kilomètre de long, financé à hauteur de 2.7 millions d’euros par le gouvernement britannique. Une deuxième « jungle » s’étant constituée sur le territoire anglais, May a promis de renforcer les infrastructures de sécurité (vidéosurveillance, clôtures et technologies infrarouge…) et un protocole additif a été signé avec Macron le 18 janvier 2018 pour un engagement financier du Royaume Uni de 50.5 millions.

… L’enfermement comme outil de contrôle des migrations. 
En France, il y a deux systèmes : les centres de rétention pour ceux qui sont en France et vont être expulsés et les zones d’attente, qui sont considérées, légalement, hors territoire français. Elles sont des extensions de la frontière et permettent d’y appliquer des procédures dérogatoires au droit commun. Sas frontaliers, lieux d’enfermement provisoire (26 jours maxi) où les exilés sont retenus, isolées, sans droits réels d’accès aux soins et à la justice, avec des allégations de violences policières. Si, matériellement, les droits sont listés, ils ne font l’objet d’aucun contrôle possible pour les garantir. En France, il y a 98 zones officielles d’attente, dans les aéroports, les ports, les gares, la plus importante étant l’aéroport de Roissy. Ce sont des espaces de tri et de refoulement


Au royaume de la suspicion, la France est reine…
La récente loi asile et immigration, entrée en vigueur le 31 janvier, modifie les modalités d’évaluation de la minorité d’âge des enfants migrants arrivant seuls sur le territoire français. Evaluation jusqu’ici réalisée par  les départements, elle va être reprise en main par les préfectures pour vérifier l’authenticité des documents et collecter leurs empreintes digitales, etc. dans l’objectif de créer un fichier biométrique des mineurs. Les associations Médecins du monde, Gisti, Cimade, Unicef ont contesté cette décision devant le Conseil d’Etat, craignant que les vérifications de la préfecture ne prennent le pas sur l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Elles y voient la volonté de multiplier les refus de minorité sur des bases peu fiables. Ce qui est déjà le cas : par exemple, les actes de naissance de Guinée Conakry (premier pays d’origine des mineurs isolés en France, avant la Côte d’Ivoire et le Mali) sont systématiquement rejetés par l’administration au prétexte «  d’une fraude généralisée au niveau de l’état civil ». Les préfectures seront automatiquement avisées lorsqu’un jeune sera évalué majeur et pourront engager des mesures d’éloignement immédiates, sans attendre qu’une autorité judiciaire ait pu statuer sur le refus de minorité. C’est que l’enjeu est important. Si le jeune est reconnu mineur, il bénéficie (selon la convention internationale des droits de l’enfant de 1989 et le code de l’action sociale et des familles), des mêmes droits que n’importe quel enfant en danger, soit une prise en charge par l’ASE favorisant son insertion et l’obtention du droit d’asile à l’âge de 18 ans.  Sinon il rejoindra les demandeurs d’asile menacés d’expulsion, à la rue. Quand une décision d’annulation de minorité est contestée, le test osseux  de la face de la main gauche est pratiqué, même si les spécialistes médicaux ont alerté sur sa non-fiabilité. L’âge osseux n’équivaut pas à l’âge réel. La maturité osseuse s’achève à 19 ans chez un garçon et diffère d’un enfant à l’autre, la variabilité individuelle est de un à deux ans. Les associations dénoncent régulièrement le défaut de prise en charge des mineurs isolés étrangers. Notons que la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme, le 28 février, pour avoir infligé un « traitement dégradant » à un mineur isolé afghan. Agé de 11 ans, en 2015, il  n’avait pas été pris en charge par les autorités, malgré une demande du juge des enfants et avait vécu 6 mois dans le bidonville de Calais.

… et  pour  la « sécurité des Européens », apparaît le fichage des « non-européens » !
19 associations et syndicats ont saisi le Conseil d’Etat, le 28 février, pour contester la légalité du décret du 30 janvier 2019 autorisant le fichage des mineurs. Il est pratiqué, à titre expérimental dans le Bas-Rhin, en Isère, Essonne, Indre et Loire.
Par ailleurs, au prétexte de lutte contre le terrorisme et la criminalité, un accord provisoire a été signé le 5 février pour renforcer les contrôles aux frontières de l’UE. Des appareils portables équipés de lecteurs d’empreintes digitales et d’images faciales permettront aux policiers de traquer les « terroristes », et de consolider la mise en commun de fichiers de données personnelles. L’accord permet l’unification de 6 registres de données d’identification alphanumériques et biométriques (empreintes digitales et images faciales) de citoyens non membres de l’UE, et ce, sans tenir compte des nombreuses réserves émises par les Cnil (4) européennes. Les registres des demandeurs d’asile (Eurodac), des demandeurs de visa pour l’UE (Visa) et du système d’information Schengen seront joints à trois nouvelles bases de données concernant des citoyens non membres de l’UE. Pourront y accéder les forces de police des Etats membres, les responsables d’Interpol, d’Europol et même des gardes-frontières de l’agence Frontex. La « fraude à l’identité » devient prioritaire, mélangeant, à souhait, lutte contre la criminalité et lutte contre l’immigration dite irrégulière. Et qu’importe, pour les « traqueurs », qu’un expert en matière de lutte contre le terrorisme, souligne que dans les attentats perpétrés en Europe ces dix dernières années, les auteurs étaient souvent des citoyens européens et ne figuraient donc pas dans les bases de données qui devraient être unifiées. Cela va coûter très cher. Le fonds de gestion des frontières a augmenté de 197 % dans le budget proposé pour 2021-2027 alors que la part consacrée aux politiques de migration et d’asile n’a augmenté que de 36 %
En 2020, le système Entry Exit, l’une des trois nouvelles bases de données centralisées, entrera en vigueur, obligeant chaque Etat membre à collecter les empreintes digitales et les images de visages de tous les citoyens non européens entrant et sortant de l’Union. Chaque frontière, aéroportuaire, portuaire ou terrestre, devra s’équiper de lecteurs, pour un coût de 480 millions d’euros pour les 4 premières années. Ce sera ensuite au tour d’Etias (système européen d’information de voyage et d’autorisation), registre examinant préventivement les demandes d’entrée, pour 212 millions d’euros, tout cela sans qu’existe une étude sur la manière dont les nouveaux registres de données biométriques et leur interconnexion peuvent contribuer à l’objectif de  « protection des citoyens européens contre le terrorisme international »..

Ce système de surveillance généralisée à l’encontre de l’étranger « irrégulier » se développe à l’encontre des manifestants qui troubleraient l’ordre public.

2 - Mesures sécuritaires : réponse de Macron à l’injustice sociale, fiscale, environnementale

Le mouvement inédit des Gilets Jaunes, qui dure, agace profondément Macron car tout ce qu’il a entrepris pour l’étouffer a échoué. Il a tenté de le discréditer, de le maltraiter, de le réprimer à coups de LBD et gaz lacrymogènes faisant des morts, des éborgnés, des mains arrachées, des milliers d’arrestations… Rien n’y fait. Ce mouvement de « gueux » ose même fouler l’asphalte des beaux quartiers de Paris, tout près de ses fenêtres de l’Elysée, comme une remise en cause de son pouvoir suprême. Même le « grand débat » qui a occupé les médias quelque temps n’a pas éteint la colère des Gilets Jaunes contre l’injustice sociale, fiscale et environnementale. Alors que fait le pouvoir ? Tout comme il surveille, contrôle, enferme les étrangers « irréguliers », il fait légiférer pour restreindre la liberté de manifester.  

La proposition de loi  « visant à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations », dite loi anticasseurs, vient d’être votée définitivement, le 12 mars, par le Sénat avec 210 voix pour, 115 contre et 18 abstentions. Toucher à une liberté fondamentale du droit à manifester est risqué, d’autant que des députés (50 LRM) s’étaient abstenus lors du vote à l’assemblée nationale le 5 février. Alors, pour couper l’herbe sous le pied à ces « marcheurs » qui seraient tentés de rejoindre le recours des parlementaires (LFI, PC, PS…) contre la loi, Macron, lui-même, en appelle au Conseil Constitutionnel.

Est très contestable, en effet, ce glissement du droit, consistant à se fonder sur des suspicions ou des prédictions et non plus sur des faits tangibles, autorisant le préfet à interdire la participation à une manifestation (sans décision d’un juge) d’individus pour lesquels il pense qu’ils constituent une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public. Appréciation subjective et potentiellement arbitraire sur la base de motifs flous et dangereux, dénonce notamment Amnesty International. De même que l’inscription, dans le fichier des personnes recherchées, des individus faisant l’objet d’une interdiction de manifester, ou encore la condamnation à un an de prison et 15 000 euros d’amende de celui qui se couvre le visage avec un foulard ou les yeux par crainte d’un tir de LBD ou de gaz lacrymogènes, ou encore décision de fouiller les participants à une manifestation : tout cela relève de l’atteinte aux libertés fondamentales.

Avec cette loi, « on ouvre la porte à une police comportementale », affirme le syndicat des avocats de France. En éliminant l’intervention judiciaire pour un certain nombre de mesures, la loi porte atteinte à la séparation des pouvoirs. C’est sous couvert de lutte contre le terrorisme ou la délinquance que, régulièrement, une nouvelle loi vient aggraver la répression des mouvements sociaux et restreindre l’espace démocratique : loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2) en 2011, loi de programmation militaire (2013) étendant les possibilités de surveillance en dehors du contrôle judiciaire, loi sur le renseignement (2015) allant bien au-delà de la seule prévention du terrorisme, loi en 2016 contre le crime organisé intégrant des mesures d’exception de l’état d’urgence dans le droit commun… Le Syndicat des avocats de France affirme que ces lois sont de plus en plus répressives, adoptées pour un motif affiché qui n’a rien à voir avec la répression de manifestants mais qui sont ensuite utilisées contre les mouvements sociaux. Ainsi en fut-il contre des militants écologistes lors de la Cop 21, contre les opposants à la loi Travail ou contre les militants antinucléaires de Bure….

L’écrivain et avocat François Sureau, (pourtant) réputé proche de Macron écrit dans le Monde : « Ce qui est inquiétant, c’est que personne ne voit que le préfet ne « pense » pas par lui-même. Il pense ce que le gouvernement lui dit de penser. Il pensait hier du mal des « veilleurs » ou des gens de la Manif pour tous. Il pense aujourd’hui du mal des « gilets jaunes ». Il pensera demain du mal des macronistes, des juppéistes, des socialistes, que sais-je encore, quand l’extrême droite sera au pouvoir. Mais il sera alors trop tard pour s’en plaindre ».   

Il est temps de relire 1984 de George Orwell car «  le silence des pantoufles est plus dangereux que le bruit des bottes »(5). N’acceptons pas de nous plier à des lois liberticides.

Odile Mangeot, le 26.03.2019

(1)   Michel Agier et le collectif Babels dans le livre La mort aux frontières de l’Europe (2017, le passager clandestin)
(2)   Migreurop : réseau européen et africain de militants et de chercheurs dont l’objet est de lutter contre la généralisation de l’enfermement des étrangers et la multiplication des camps. Ils militent pour le Frontexit
(3)   Politis du 14.03.2019
(4)   CNIL – Commission Nationale Informatique et Libertés
(5)   Martin Niemöller, pasteur protestant envoyé en 1937 au camp de concentration de Sachsenhausen, transféré à Dachau d’où il sortit en1945